L’année 2016 sera une année difficile selon plusieurs observateurs avisés, d’un point de vu économique à cause de la chute brutale du prix du baril du pétrole.

Des restrictions budgétaires et des réformes économiques sont envisagées afin de juguler cette crise qui pointe à l’horizon et dont les effets se font déjà sentir surtout dans les entreprises qui travaillent dans le secteur pétrolier et parapétrolier.

Au quotidien, cela se traduit déjà au sein de la population par :

-Pénurie de gaz et carburant

-Retard dans le paiement dans les pensions de retraites

-Cherté de la vie

La note souveraine du Congo a été abaissé par la célèbre agence de notation américaine Moody’s, elle est passé, fin Avril à “B2“. C'est-à-dire L'agence de notation met en cause la détérioration des comptes publics et une pression sur la liquidité de l'État. Ce qui n’est pas encourageant pour les investisseurs et l’économie.

Il est à noter que le Congo n’est pas le seul pays à se retrouver dans cette situation, le Gabon, la Guinée Équatoriale,Angola et le Tchad dont les économies sont tributaires des exportations des hydrocarbures sont tous dans la même situation.

Ce qui nous emmène à une profonde réflexion sur la gestion de la rente pétrolière. La situation dans laquelle est confrontée le Congo aurait –elle pu être évitée ?

Pour répondre à cette question, il faille dans un premier temps faire une analyse des mécanismes d’une économie appuyé essentiellement sur la rente, ensuite faire le tour d’horizon de la manière dont cette rente devrait être gérée et enfin dégager des pistes de solution et des perspectives pour l’avenir.

Définition de la rente

D’une manière générale la rente se définie comme étant le revenu périodique, non obtenu par le travail, contre partie du droit de propriétaire d’user de sa terre (rente foncière) ou provenant des ressources rares telles que les mines (rente minière), le pétrole (rente pétrolière) ;supplément de rémunération qui par la suite des circonstances, d’une conjoncture particulière, etc., s’ajoute à la rémunération normale d’un (ou des) facteur(s) de la production.

Une rente est, pour un particulier, une sommes fixée à l’avance reçue périodiquement (chaque mois, chaque année…etc), pour une durée fixée d’avance.

La rente pétrolière

Elle est le résultat des revenus d’exploitation du pétrole qui est partagé entre les pays producteurs des sites d’exploitation ou gisements (pays producteurs) et les sociétés d’exploitations.

Si sur le marché, le pétrole se vend à peu prêt partout au même prix (aux différences des coûts de transport et de qualité près) parce qu’il s’agit d’un produit faisant l’objet d’un marché mondial. Les coûts d’exploitation sont très différents d’une zone de production à l’autre. 20 dollar/baril (environs 160 litres) en Alaska ; 12 dollar/baril au Moyen orient, 13 Dollar/baril en Mer du Nord.

Les pays producteurs les mieux placés disposent d’une rente qui est partagée entre la société d’exploitation, celle qui a pris le risque de l’exploitation ; le pays producteurs détenteurs de la richesse naturelle, qui en le vendant, prélève sur son stock, de ressources exploitables ; et les sociétés de raffinage et de distribution.

Les dangers de l’économie de rente

L’expérience a montré que la rente pétrolière, comme les autres rentes issues de l’exploitation de ressources non renouvelables, produits à meilleur compte que les prix du marché, n’engendrait pas que des effets bénéfiques. Dopée par les rentrées de devises, l’économie nationale avait tendance à vivre au-dessus de ses moyens. Voire à dilapider tout ou une partie de cette richesse “tombée du ciel“ puisque ne provenant pas d’un travail ou d’une activité nationale. C’est le DUTCH DISEASE(Syndrome Hollandais), ainsi appelé parce que constat a été fait d’une manière détaillée à propos des retombées de la mise en exploitation des immenses champs gaziers des Pays-Bas.

Aujourd’hui, la chute brutale des cours du prix du baril de pétrole amorcée depuis 2014 est là pour rappeler au pays producteurs, cette réalité. Pour les pays producteurs, totalement tributaires de la rente pétrolière le manque à gagner est énorme.

La chute des cours du pétrole et ses conséquences

Malgré quelques sursauts depuis le début de l’année 2014, les cours du pétrole restent orientés à la baisse. Le prix du baril de pétrole baissé 60% depuis juin2014 et se situe désormais au- dessous de 49 Dollars (46,21 au 14Mai 2016)cette tendance-qui ne devrait pas se démentir avait un petit moment conduit les acteurs du secteur pétrolier et parapétrolier à effectuer des « ajustements »plus ou moins brutaux. Le total des investissements devrait être réduit de 2 à 3 milliards de dollars, cette année 2016. Par rapport au 26 milliards dépensés en 2014. Réduction par la compagnie Total de 10% de ses investissements et la cession d’actifs.

Pour juguler cette situation, le 17 Avril 2016, les pays membres de l’OPEP ont tenté d’organiser un sommet extraordinaire à Doha au Qatar pour contrer la vertigineuse chute des prix du brut, les pays membres de l’OPEP avaient conviés quatre pays non-membres à rejoindre la table des négociations : Oman, la Colombie, l’Azerbaïdjan et la Russie. Le but de la réunion était de trouver un accord pour geler la production de brut jusqu’en octobre et ainsi prolonger la lente remontée des prix du baril. Le boycott de l’Iran a précipité l’échec des négociations et la chute du prix du pétrole.

Certains d’entre eux conscients de la fragilité de leur économie, tributaire de la rente pétrolière ont pris des mesures idoines pour sortir de cette situation du “Tout-pétrole“ en se constituant des fonds de réserves pour les générations à venir, et en tentant de diversifier leurs économies.

Le Fond souverain pour les générations futures

Le fond souverain Norvégien encore appelé Government Pension Fund Global ou fond de pension gouvernemental Norvégien est l’un des plus gros investisseurs au monde. Financé par la manne pétrolière et crée pour les générations futures, il tient à une approche de finance durable pour ses placements.

Sa mission :

  • Achat d’action

  • Vente des obligations

Détenteur de 1% des actions mondiaux, soit 8200 actions. Il est actionnaire de Nestlé, propriétaire de l’immeuble de Crédit Suisse à Zurich, pour ne citer que ces exemples. C’est une façon pour ce pays de se prémunir de l’après pétrole et de résister à l’impacte de la chute brutale du prix du baril du pétrole.

En Afrique, le plus ancien des fonds souverains est celui du Botswana fondé en 1994 (environ 6 milliards de dollars) ; les plus gros acteurs dans ce domaine sont la Libye (60 milliards de dollars), l’Algérie (60 milliards de dollars), en 2013, les pays tels que L’Angola, le Congo Brazzaville, l’Afrique du sud, La Tanzanie, la Zambie, le Kenya ont tous crées officiellement des fonds souverains. Cependant pour le Congo c’est une nébuleuse totale, car personne ne peut nous expliquer quel est le montant de ce fonds. Où est ce qu’il a été logé, quels sont les mécanismes de sa gestion. Le fond pour les générations avenir du Tchad, imposé par la banque Mondiale, a été épuisé par ses dirigeants.

La diversification de l’économie

La diversification de l’économie afin de sortir du tout-pétrole, à travers des investissements massifs dans des secteurs clefs de l’économie générateurs de richesses tels que : l’Agriculture, l’élevage, tourisme, l’éducation, l’industrie, les infrastructures de bases…etc, devrait en principe être la préoccupation d’un état prévoyant et se projetant dans la durée, pendant les périodes dites d’abondance, de vaches grasses. C’est ce que firent certains états du golf, riche en pétrole et pauvre en terre arables.

Agriculture : L’Emirat Arabe Unis s’est acheté des terres en Australie avec un bail de dizaines d’année, afin de produire des fruits, légumes, céréales et faire de l’élevage. Certains Prince Saoudiens ont investi en Éthiopie dans l’Agriculture et les PME.

Tourisme : Dubaï est devenue un centre commercial et touristique mondiale de grande importance, parce que ces dirigeants ont investi dans tous les secteurs pouvant contribuer au développement de l’industrie du tourisme : Hôtel de luxe, centre commerciaux, infrastructure moderne, tours opérateurs, aviation (Fly Emirat, Turkish Air Line)…etc.

L’Immobilier : Les pétrodollars du golf arabique sont massivement investis en Europe : France, Angleterre, Espagne, Italie. A tire d'exemple :Le prince Walid Ben Talla (Arabie Saoudite) possède des hôtels de luxe, des immeubles un peu partout dans ces pays.

Les exemples sont nombreux, ils corroborent tous le fait que la diversification de l’économie, est un impératif pour les pays producteurs de pétrole, car une croissance basée sur le résultat de la rente, est une croissance artificielle et sujet à une crise économique à moyen terme, car la rente pétrolière est par essence volatile.

La mauvaise politique dispendieuse

Au regard de tout ce qui a été dit plus haut, à quoi pourrait-on comparer, les dirigeants du Congo et par delà le Congo, l’Angola, la RDC, la Centrafrique, le Tchad, la Guinée Équatorial, le Cameroun, Sato-Tomé et Principe, Gabon car il s’agit de même peuples et donc ,de même mentalité et de même type de management ?

Nous pouvons les comparer à cette cigale, de la fable de LA Fontaine, contrairement à la fourmi qui amassait des réserves en été, une période de chaleur et d’abondance propice au travail et à l’accumulation des richesses en vu de se prémunir de l’hiver prochain, période de froid, donc rude et difficile. Cette cigale (les dirigeants du Congo), elle chantait au lieu de travailler, quand le prix du baril du pétrole était à 100 dollars. Elle a dilapidé les biens de la nation, notre patrimoine commun en période d’abondance, à travers le pillage systématique des richesses du pays au profit d’un clan et de ses apparentés. Des petits arrangements au quotidien fait de corruption de détournement de deniers publics de la base au sommet de l’état. Ce n’est pas le président qui va me contredire, puisque l’ayant implicitement reconnu, lors de son discours investiture après son hold- up électoral, dixit « A partir d’aujourd’hui nous devons rompre définitivement avec les anti- valeurs :la corruption, le vol, le népotisme, l’absentéisme, la paresse, le détournement des deniers publics… » Il a oublié de citer le scandale des fonds vautours, des biens mal acquis, les frasques de l’anniversaire médiatisé de la première dame à Nice par les médias français, aujourd’hui on nous parle de Panama peppers.

En bonne prestidigitatrice, notre cigale nationale a donné au peuple Congolais de l’eau de mer, lui faisant croire qu’il dégustait de la limonade.

Des villages Agricoles :

Quelle est l’impacte des villages agricoles dont on nous a bassinés les oreilles durant trois ans ? Nous tardons à voire leurs effets sur le quotidien des Congolais et le panier de la ménagère. Sensé être un creusé, une sorte de pépinnière ayant pour vocation de créer le nouveau type d'agriculteur moderne, véritable entrepreneur et acteur majeur dans la production agricole, avicole et pastorale, point de départ dans la conquête de la sécurité alimentaire. Ces villages ont crée de nouveaux ouvriers agricole peu autonomes et vivant au dépend des structures qui les supervisent. L'impacte de leurs production n'est pas palpable dans le panier de la ménagère.

Le fond pour les générations futures :

Ou est passé l’argent du fond pour les générations futures dont on a vanté l’approche et les biens faits ? En cette période de vache maigre, personne n’en parle, bien au contraire ce sont les droits de douanes, des terres arables qui commencent à être gagés, après ceux du pétrole. Les générations risquent à cette allure se retrouver étranger dans leur propre pays..

La municipalisation accélérée :

La municipalisation accélérée bien qu'étant une idée noble à condition de bien cibler les infrastructures à bâtir en priorité. Notamment ceux qui ont un impacte directe sur l'économie régional, n’a pas produit d’effets positifs sur la croissance économique, car les investissements ont été faits en n’adoptant pas une approche économique qui visent la rentabilité. Des aéroports, des palais présidentiels, des stades ont été construites à la vas vites et des chantiers ont été abandonnés, après les célébrations des fêtes de l'indépendance. Tels des criquets pèlerins, les autorités politiques et administratifs ont investi des hameaux et des provinces entières, le temps de danser, chanter, défiler et par la suite sont repartis laissant les populations paysannes dans leurs misères avec comme cadeaux ces éléphants blancs. Construire des entrepôts de stockages des céréales (Mais, riz,Manioc, mil), des chambres froides pour la production la conservation de viande ou du poisson, aménager les sentiers et pistes agricoles, construire des écoles, des hôpitaux.Apporter de l'eau potable, de l'électricité. Sont plus important que de bâtir un palais présidentiel en province. Tout individu doté d'un minimum de bon sens sais cela.

 

Des Aéroports :

Quel est l’impacte de la construction des aéroports dans les 10 provinces du pays quand on sait que le niveau de vie du Congolais lambda ne lui permet même pas de s’acheter un billet aller-retour Brazzaville-pointe noire ou Brazzaville - souanké ?

De l’accès à l’eau potable :

Est –il logique que la ville de Brazzaville souffre par exemple du manque d’eau potable, alors que juste derrière la présidence de la république à quelques metre, je ne dis pas kilomètre, coule le deuxième fleuve le plus du monde en débit après l’Amazone ?

Du manque de courant :

Quant à l’électricité base de développement, d’industrialisation, de modernité et de l’émergence, après la fin d’Imboulou, nous tardons encore à goutter aux joies de l’électricité, alors que des pays moins nantis en Afrique tels que le Sénégal ont résolus le problème de l’électricité depuis longtemps.

La construction de 10 hôpitaux :

Quel est l’intérêt de construire 10 hôpitaux dans les dix provinces de la république, quand les hôpitaux qui existent déjà n’ont pas des plateaux techniques adéquats pour la prise en charge des malades. Ainsi que les ressources humaines suffisantes et compétentes pour assurer cette noble tache ? Le scandale le plus ressent est la pénurie des médicaments antirétroviraux du programme National de Lutte contre le VIH/Sida, lorsque l’on sait les conséquences de l’impacte de la rupture du traitement pour les malades, tout cela pour des raisons de mal gouvernance. Il est souvent remarqué, qu’à chaque fois qu’un dignitaire du pouvoir meurt, c’est toujours à l’étranger des suites d’une longue maladie, parce qu’il aura bénéficié d’une évacuation sanitaire. Ces communiqués sont révélateurs qu’il y a un manque criard d’infrastructures et de spécialistes dans le domaine de la santé. Avons nous pensez à nos compatriotes qui n’ont pas les moyens de se faire évacuer à l’étranger pour des raisons de santé ? Une politique de santé ne saurait se limiter à la construction des hôpitaux, bien au contraire c’est une approche global qui doit impliquer des investissements aussi bien sur le plan matériel, que dans la formations des ressources humaines diverses et inter-agissants dans le domaine, il y a aussi l’assainissement de l’environnement, social, juridique économique. A moins que, et j’espère que ce n’est pas le cas qu’il s’agit d’un subterfuge afin de sortir l’argent du pays et de le détournez par des montages financiers et des surfacturations.

Les exemples sont multiples, la construction d’une nouvelle université, alors que celle existante Marien Ngouabi n’a pas une bonne cotation sur le plan Africain et mondial, car la qualité de l’enseignement reste à renforcer. Les stades, les palais présidentiels, les routes dont le prix du kilomètre sont les plus élevés par rapports au standards internationaux…etc, des gouffres financiers

CONCLUSION

En définitive, nous pouvons affirmer que la politique économique menée par les autorités du pays depuis le point d’achèvement de l’initiative PPTE pays pauvres très endettés. Ce qui a permis au Congo de pouvoir obtenir l’effacement de sa dette et d’avoir les coudés franches pour des investissements massifs dans le but de développer son économie, combiné à cela par une conjoncture favorable d’un prix du baril du prix du pétrole à la hausse jusqu’à atteindre100 dollars. Cette politique a été un fiasco, puisque nous sommes maintenait obligé à nouveau de frapper aux portes du FMI. Il est important que les futurs dirigeants du pays aient une approche moins dispendieuse des dépenses et plus axés sur la diversification de l’économie, l’avenir des générations futures et la paix sociale en dépendent. Cette paix chèrement acquise comme aime le susurrer noter politiques ne doit pas être le fruit de l’intimidation, du musellement du discours contradictoire et de la liberté d'expression,mais d’un désir commun de vivre ensemble et de partage des richesses nationales entre tous les fils et filles de ce pays et de cette partie du monde .

A.BISSILA

 

Retour à l'accueil