Madingou poste

 

La Naissance et peuplement de Jacob est intimement lié à la construction du chemin de fer Congo Océan et à la création 1929 de la Société Industrielle et Agricole du Niari en sigle la S.I.A.N par Jean OTTINO.

Jean Ottino mettait son espoir dans la création d'une gare de triage à mi-chemin entre Brazzaville et Pointe Noire. Il pensait que cette gare pouvait être le point de départ où se développerait un véritable marché vivrier qui serait en même temps un réservoir de main d’œuvre.il obtint une concession de 20.000 hectares à cheval sur la voie ferrée avec pour but d'y pratiquer en grand, la culture du manioc, aliment de base de la population locale, dont les dérivés à base d'amidon pouvaient être prometteurs en industrie.

Tout le temps que met la culture du manioc et la production du tapioca (de 1929 à1933), Jacob ville était l'ombre d'elle-même.

À peine y apercevait-on quelques rares maisons autour de la gare ferroviaire, toute la ville se développant à côté et autour de kayes. La région s'appellait alors le Pool et le district était Madingou (de Madingou à Loudima). C'est proprement à partir de 1934 que commence à se constituer et se développer l'agglomération de Jacob qui s'accroit vite avec l'installation du 1er moulin à cannes et qui, en moins de 5 ans fait de Jacob la troisième ville après Brazzaville et Pointe Noire. À cause de l'intense activité industrielle, Jacob devint un pôle d'attraction pour les chercheurs et demandeurs d'emploi.

L’expertise des ingénieurs Maniangas (RDC)

A cette époque, le Congo-Belge reçoit l'usine de fabrication de sucre avant le Congo-Brazzaville. Des citoyens de ce pays ont déjà la maîtrise de la topographie, la géométrie. L'on a donc recourt à leurs techniciens pour venir réaliser les tracés des cannaies avec pignon et adjacence sur le tracés de la ville de Jacob; d'où la présence très tôt des Maniangas ingénieurs.

Répartition ethnique aux origines

La répartition ethnique est très variée. L'administration de l'époque distingue 18 quartiers différents à Jacob et 5 à kayes. Dans chacun d'eux, domine une ethnie. Les BAKAMBAS qui sont chez eux, à Jacob, occupent trois quartiers qui regroupent 1100 personnes. Ils n'ont eu à se déplacer que sur de courtes distances vu que leurs villages ceinturent à proximité de la ville mais aussi qu'ils ne veulent pas se détacher de leur objet phallique ancestral à savoir leur terroir. Jacob pour eux n'apparaissait plus que comme une localité pour "étrangers" avec qui ils (Bakambas) cohabitaient. Ils avaient pitié et horreur de se disputer l'espace vital avec ces "étrangers", hospitalité naturelle que les africains ont toujours eu pour les étrangers. Véritable erreur de conception?Seule l'histoire le dira. La structure familiale de cette ethnie en dit plus:240 familles soit, 4 ,5 personnes par ménage. Elle apparaît bien à Kayes, le noyau originel, où la moyenne est de 6,3.

Mais les Bakambas ont été largement submergés par les autres ethnies venues d'ailleurs. Le groupe le plus nombreux est celui des BASUNDIS établis au camp Massamba avec 1600 représentants et 494 familles, soit une moyenne de 3,2. Viennent ensuite les BABEMBES au quartier Mabombo et le quartier dit le village (850 personnes, 236 familles; moyenne 3,8), les BAMANIANGAS dilués dans le quartier Mwananto aux cotés de leurs co-linguistes Basundi (720 personnes, 207 ménages), les BAMINKENGUES avoisinant leurs confrères Babembés, rapprochement linguistique aidant(680 personnes, 203 ménages), les BADONDOS entremêlés aux Sundis et Maniangas(675 personnes,179 ménages),

Les peuplades de la Lékoumou, venues sur demande de la S.I.AN ,sont reçues et logées au 1er camp de la compagnie, l’actuel Camp militaire de Nkayi aux fins de procéder à leur engagement à la société, d'où le terme "Ba nganzima". Mais pour incompatibilité d'hygiène, les autorités de la S.I.A.N les évacuèrent et les installèrent à l'actuel quartier Kividi. On trouve encore maintes autres ethnies mais en plus petit nombre soit parce que leur région d'origine est plus éloignée c’est le cas des BAVILLIS), soit parce qu'elles avaient un pôle d’attraction plus proche de chez eux ou plus puissant (le cas de Diolisie pour les BAKOUGNIS et Brazzaville pour les BALARIS.

EN CONCLUSION.

Quand bien même le Blanc avait procédés aux recrutements dans le villages Bakambas des terres kilounga ,kibaka, Kindoulou, Moutéla ; des terres nsassa yombé (loudima),des terres kimbanda madidi (Lombo- youlou nkoyi et suite),cela ne put combler la demande de la main d'œuvre de la société d'où la nécessité d'aller la chercher même à des lieux lointains: RDC, Soudan Français (Sénégal,Mali), Mouyondzi, Tsiaki ,Kingoué, Yamba, Mabombo et dans la Lékoumou). Le rapprochement des villages de la zone urbaine n'a pas non plus solutionné ce problème. Jacob, l'actuel Nkayi devint dès lors une composante cosmopolite enrichissante à l'image des U.S.A formés des peuples venus des quatre coins du globe lesquels on fini par engloutir et invaginer les autochtones Amérindiens.

Jean Marie Miassouamana

Commentaire :

Nous voyons par cet exemple comment est ce que l’essor économique d’une ville à travers la mise en place d’une industrie Agro-alimentaire comme ce fut la cas avec la (S.I.A.N devenu SUCO, puis SARIS) peut être un facteur de brassage des populations, faisant apparaître une nouvelle population cosmopolite et riches de ses différents apports culturelles. Aux populations autochtones, il faut ajouter des planteurs Sénégalais, des Maliens et des Tchadiens (les Sahara une ethnie qui fut importée pour lors de la construction du chemin de fer Congo Océan).

Le C.F.C.O en plus d’être une épine dorsale reliant Brazzaville à Pointe noire, bâti sur les fonds baptismaux de la route des caravanes a également été un corridor d’un véritable brassage inter chromosomique. En mélangeant des populations d’origine divers, ce qui en terme de génétique est un plus pour le partage gène de résistance aux maladies, et l’évolution des espèces.

A. v. Bissila

 

 

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