Le samedi 21 Décembre 2017, El hadj-Professeur-Cheikh-Docteur-Babili Manssa Diouga (le roi qui défit les fleuves) Yahya Jammeh, quitta le pouvoir de façon “pacifique“ sans effusion de sang, laissant le pouvoir à Adama Barrow, vainqueur de l’élection présidentielle du 01 décembre 2017. Destination Malabo en République de Guinée Equatoriale. C’est l’épilogue heureux de la crise post électorale qu’a connue la Gambe, un feuilleton politico-diplomatique riche en rebondissement ayant tenu en allène la communauté internationale, au premier chef l’Afrique toute entière et le Sénégal en particulier. Qui a la particularité historique d’héberger en son sein, ce petit état Anglophone de 10 6689 Km2, avec une population estimée à 1,849 millions d’habitants (2013, banque mondiale). Cet épilogue a été rendue possible grâce à l’intervention de la C.E.D.A.O Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest qui a géré avec doigté et diligence cette crise, épargnant à cette région du monde une énième guerre comme nous avons l’habitude d’en compter en Afrique avec son corollaire de conséquences : pertes en vie humaines, déplacement de population et catastrophe humanitaire.

De mémoire d’Africain, c’est la première fois que les chefs d’états Africains réunis au sein d’une organisation sous régionale, en l’occurrence ici, l’Afrique de l’ouest usent de tout leur poids politique, utilisant le bâton et la carotte, la fermeté et le dialogue afin d’obliger un de leur paire à céder le pouvoir, après une défaite électorale clairement établit et dont il avait clairement accepté le verdict avant de se rebiffer.

En notre qualité de promoteur de la démocratisation de l’Afrique, nous ne pouvons que saluer le leadeurship dont a fait montre la C.E.D.A.O dans cette crise, ouvrant la voie à l’écriture d’une nouvelle page de l’histoire de l’Afrique et sa marche vers l’état de droit. En effet à travers ce qu’il faudra désormais appeler la jurisprudence Jammeh, tous ces potentats qui modifient les constitutions, trichent aux élections et refusent de se soumettre à la volonté du peuple quand ils ont perdu savent à quoi son tenir. Du moins en ce qui concerne l’Afrique de l’ouest. Pour le cas de l’Afrique centrale, la greffe démocratique a du mal à faire souche, néanmoins il y a matière à ne pas désespérer car le progrès quand il est en marche rien ne peut l’arrêter. Laissant le temps au temps, ne le demander pas de suspendre son envole il ne le puits même s’il le voulait.

Une démonstration de force inouïe de la C.E.D.E.A.O

Le Vendredi 20 Javier 2017 la Gambie était prit en tenaille de tous les côtés terre-mer-ciel par les troupes de la C.E.D.A.O.

Un navire de guerre du Nigeria mouillant au large des côtes

Des avions de chasses survolant l’espace aérien à basse altitude

Des unités du Régiment blindé de Thiès (Sénégal), appuyé par des fantassins et des commandos des états membres.

Des unités d’élites du Ghana à l’aéroport d’Accra prêts à décoller pour venir en renfort. Au total un effectif de 7 000 hommes. Avec à la clef un ultimatum donnant à Yahya Jammeh jusqu’à 16hoo, le temps de quitter le palais. En face des troupes de la C.E.D.E.A.O, une armée de Gambienne de près de 2500 hommes divisées, puisqu’une partie d’entre elle soutenant le nouveau président élu commençait à défection. Le rapport de force était donc en faveur des troupes de la C.E.D.E.A.O. Le chef d’état major de l’armée Gambienne le général Ousmane Badjie en officier lucide conscient de et état de fait ordonna que soit hisser les drapeaux blancs.

La palabre Africaine eu le dessus dans le dénouement de la crise

Face à toute cette pression, celui qu’il faut désormais appeler l’ex président de la Gambie Yahya Jammeh, après un règne de 20 ans à la tête de son pays, n’eu d’autre choix que la capitulation. Il accepta une médiation de la dernière chance afin de définir les contours et les modalités de son départ. Deux chef d’état furent dépêchés afin d’assurer les bons offices. Les présidents Mouhammed Ould Abdallah de la Mauritanie et Alpha Condé de la Guinée Conakry, dont l’épouse de son premier ministre a des liens de parentés avec l’épouse de Yahya Jammeh qui est sa sœur. A noter pour cette dernière qu’elle est d’origine Guinéenne de par son père (Conakry) et Marocaine de par sa mère. Ce qui donne à cette médiation de dernière chance des allures de règlement à l’Africaine ou se mêlent alliances de clans et liens familiaux, sous fond de palabre. Fort heureusement les choses se sont passé dans l’intérêt de tous, où grâce au système de marchandage, on évite d’humilier son prochain et on préserve la cohésion de la “famille“. Il n’est pas étonnant que d’autres chefs d’états aient intervenus par téléphone. Le “syndicat des chef d’état“ est très attentif à ce genre de situation, où chacun en tentant de protéger son prochain qui est dans une mauvaise passe, s’assure à moyen terme une dette et un capital de sympathie qu’il pourra toujours faire valoir en période de disette. L’expérience de Gbagbo extradé à la C.P.I et de Kadhafi assassiné les a beaucoup ébranlés et échaudé.

Pour son exile YayahJammeh avait le choix entre le Maroc le Nigeria, le Qatar, la Mauritanie et enfin le Nigeria.

Finalement à la surprise générale, il s’envola pour la Guinée Equatoriale, destination resté jusque là méconnue, dans un avion affrété par le président en exercice de l’Union Africaine Idriss Débit Itno du Tchad. Un avion cargo affrété par la Mauritanie emporta également une partie de ses collaborateurs, des véhicules de luxe et une partie de ses bagages.

C’est ainsi que se termina le règne sans partage, de celui qui durant 20 ans dirigea d’une main de fer la Gambie, lui qui prétendait guérir le SIDA et d’autres maladies par simple imposition des mains et massage avec des huiles et essences mystiques.

Conclusion

Ce que nous pouvons retenir de cette crise, c’est 04 choses

La première c’est que la C.E.D.E.A.O en faisant montre de fermeté vient de donner un signal fort aux états membres de cette institution régionale, désormais « il n’est plus possible pour un président de la République de perdre les élections et de penser pouvoir rester [au pouvoir] … » Dixit Pape Ibrahima KANE (de la Fondation Open Society-Sénégal).

Après la révision de son protocole en 1993, la C.E.D.E.A.O a affiné ses outils et sa manière d’intervenir dans les crises, fort de son expérience acquise avec notamment les crises au : Liberia, Sierra Leone, Burkina faso, afin d’adapter le jeu aux règles nouvelles.

La deuxième leçon a retenir c’est que les Africains sont capables de régler seuls leurs problèmes, sans attendre une intervention extérieure à condition de les laisser agir. Bien entendu avec un mandat de l’ONU qui ne vient qu’en appui car il s’agit des états indépendants membres de cette organisation.

La troisième leçon c’est qu’au bruit des bottes et des chars, l’Afrique sait tirer dans sa culture faite de palabre et de dialogue, les ressources nécessaires de son apaisement.

La quatrième leçon c’est qu’il faut saluer le leadership du président Macky SALL qui a fait preuve d’une fermeté et de diligence extraordinaire pour que nous arrivions à ce résultat. Tout en donnant l’impression d’être en retrait, la diplomatie Sénégalaise a réussie avec brio à arracher du conseil de sécurité de l’ONU, dont il est membre actuellement le vote à l’unanimité d’une résolution sur la Gambie donna le feu vert à la C.E.D.E.A.O d’agir sans une seule abstention ou un droit de véto qui aurait pu bloquer toute la machine.

Au moment où nous écrivons cet article le président Adama Barrow est reparti dans son pays après un bref exile de quelques jours au Sénégal. Que Dieu bénisse la Gambie et bon vent à l’alternance démocratique sans effusion de sang.

  1. BISSILA
Retour à l'accueil