Joao Lourenco

Joao Lourenco, général des forces armées Angolaise, ministre de la défense de la République d’Angola a été officiellement désigné le 03 Février 2017, comme étant la tête de liste du MPLA Mouvement Populaire de Libération de l’Angola, le parti au pouvoir aux élections général. Ce qui ferra de lui de fait le président de la République. Car la constitution de ce grand pays d’Afrique centrale, premier producteur de pétrole en Afrique sub-saharienne, stipule que c’est du parti majoritaire aux élections générales que sort le président de la république. Or le MPL au regard de la configuration politique actuelle, semble déjà être prêt à gagner ces élections qui auront lieu au mois d’Aout 2017 sauf coup de théâtre, son bilan plaidant en sa faveur et en absence d’un challenger solide. Ainsi, le président Edouardo Dos Santos vient à travers ce geste manifester son souhait de céder le pouvoir à ce général né en 1954 à Lobito dans l’Ouest du pays. Il ouvre ainsi la voie à une alternance politique dans ce pays. Ce qui est salutaire pour ce grand pays d’une manière général et pour la région du bassin du Congo en particulier.

Le renouvellement des eaux d’une rivière.

La nature nous enseigne une vérité simple et pourtant universelle. Là où la vie apparait, croit, prospère au point d’essaimer et de coloniser de manière durable un territoire, elle le fait avec l’aide de l’eau de sa circulation et son renouvellement dans le pays.

Les pluies diluviennes tombent du ciel, gorgent avec générosité la terre de leurs eaux, formant des ruisseaux et des nappes phréatiques qui irriguent les fleuves et les lacs, qui a leurs tours ont des destinées différentes.

Si le lacs s’enrichissent et se nourrissent des affluents de moindres importances constitués aussi bien des eaux de surfaces que sont les rivières et ruisseaux, ainsi que les eaux souterraines ; les mers et les océans quant à eux qui sont plus vastes que les lacs, ont pout part d’héritage les fleuves et parfois mais cela est rare, des eaux souterraines.

Quelque soit la destinée de toutes ses eaux, elles finissent toujours par rejoindre le ciel grâce au phénomène météorologique de l’évaporation, bouclant ainsi le cycle de l’eau.

Le renouvellement des eaux jouent ainsi un rôle très important dans le foisonnement de la vie et la biodiversité.

Les vertus de l’alternance et du renouvellement

La vie politique d’une nation, sa destinée et sa grandeur repose sur même principes. Il en est de même que sa faiblesse et sa décadence. Quelque soit la dynamique qui sous tend la lutte des classes dont le but ultime est la conquête, la gestion et la conservation du pouvoir pour le bien être de la cité et ou celui d’un groupe sociale bien identifié. Plus un système possède en sein des mécanismes objectifs permettant le renouvellement de ses élites, cadres et dirigeants ; plus ce dernier gagnera en efficience quant à sa volonté de transformer sa société et son pays, afin de l’emmener vers sa grandeur et ce qu’il considère comme étant sa destinée manifeste.

Par contre, l’absence de renouvellement est un facteur de stagnation et de sclérose, qui lorsqu’ils ne sont pas corrigés à temps aboutissent à une sorte de léthargie généralisée du pays et de ses institutions, aboutissant à la faiblesse du pouvoir centrale. Or, « La plus grande fatalité qui puisse arriver à une nation, est la faiblesse du pouvoir central. »Dixit Napoléon Bonaparte. Ce que nous appelons la faiblesse du pouvoir centrale, c’est la manifestation d’un dysfonctionnement généralisé des institutions de l’état et de ses démembrements faisant le lit des phénomènes sociaux tels que : l’immoralité, la corruption, l’impunité, le culte du médiocre et du larbin qui sont érigés en vertus avec pour conséquence à long terme, hélas, que Dieu nous en préserve, une invasion extérieur et la perte de la souveraineté, ou une guerre civile aux effet dévastateurs comme c’est le cas en Lybie et en Irak, désarticulant les fondements même de la nation.

Penser le futur est la qualité des grands hommes en politique

Tout dirigeant politique conscient de cet état des choses, doit s’atteler à travailler durant son magister à créer les conditions du renouvellement des hommes et des femmes de sa famille politique, et de façon plus général des cadres de son pays. Cette mission a pour objectif à long terme de mettre à la disposition du pays une ressource humaine toujours dynamique et dont la créativité et l’esprit d’ouverture est un véritable investissement pour le futur, car gérer c’est prévoir. Le choix de ce renouvellement ne devra pas se faire uniquement sur des critères subjectifs, notamment en misant exclusivement sur les liens familiaux, claniques et tribaux. Bien au contraire, l’idéologie politique, la vertu, l’exemplarité, la fidélité dans l’engagement doivent être des critères de sélections. Il est aussi injuste que des cadres compétents et compétentes soient écartés d’un destin politique en raison de leur ascendance. Un savent équilibre est donc à rechercher en toute objectivité. En tout état de cause, la mondialisation et la globalisation nous oblige à ratisser large pour plus d’efficacité et de compétitivité. Les compagnies de la silicone vallée des USA, ainsi que la composition des équipes de football en Europe en sont les exemples les plus magistraux.

Le danger du mythe de l’homme providentiel.

Faute de n’avoir organisé et structuré sa famille politique le MPR Mouvement Populaire de la Révolution, de n’avoir préparé des hommes et femmes à l’administration rigoureuse de ce vaste pays qu’ait la RDC, ex-Zaïre, de n’avoir mis en place des institutions fortes et une armée nationale digne de ce nom. Le Marechal Mobutu Seseko laissa après son départ en exile, des suites d’une rébellion téléguidée par son minuscule petit voisin, le Rwanda, appuyé par un autre voisin de taille moyenne l’Ouganda, un pays exsangue et faible au point de devenir aujourd’hui un théâtre de guerre tribale, de massacre de populations par des groupes armés hétéroclites, usant du viole comme arme de guerre et pillant pour le comptes de groupes mafieux et sociétés multinationales sans scrupules, les ressources minières et minéralières de son riche sous sol.

Faute de n’avoir préparé son pays à l’éventualité d’une alternance pacifique et sans heurt après lui, alors qu’il était considéré comme un sage d’Afrique, que le président Houphouët Bouagny, père de la nation Ivoirienne a laissé son pays après sa mort glisser petit à petit dans la xénophobie notamment avec le concept de “l’Ivoirité“, suivit d’une guerre civile et une partition du pays en deux. Conséquence du fait de la lutte pour le pouvoir de ses successeurs. « Le Roi Baoulé ne voit jamais son successeur » dit un dicton de l’ethnie Baoulé dont était originaire Houphouët Bouagny. La République de Côte d’Ivoire a dû payer un lourd tribut pour corriger cette erreur historique. Là où au contraire son Alter égo du Sénégal, le Président Léopold Sédar Senghor a préparé après 20 ans d’exercice de pouvoir son pays à l’idée selon laquelle, une alternance politique pacifique était possible et après avoir organisé et structuré son parti, le parti socialiste Sénégalais.

Des exemples sont nombreux : Lybie, Irak montrant la vérité selon laquelle, il est risqué et hasardeux pour un pays de laisser son destin entre les main d’un seul individu, sans pour autant avoir à préparer les institutions et des hommes capables de pallier son absence ou son départ précipité pour une raison ou une autre. Le politique éclairé devrait s’atteler à méditer sur cette vérité.

Conclusion

Des pluies aux ruisseaux, des ruisseaux aux rivières, en passant par les puits et nappes phréatiques, des rivières aux fleuves. Inondant et nourrissant lacs, mers et océans. Les renouvelant chaque jour et les enrichissant de leurs affluents et limons. Ainsi doit être la pensée politique dont, les doctrines et les idéologies doivent êtres incarnés par des hommes et des femmes vertueux et vertueuses, qui se renouvellent chaque jour au fil des âges. S’adonnant chaque jour et inlassablement à la quête de l’érudition, la culture, le culte du savoir de la vertu et de l’exemplarité. Le rôle du leadeur politique et des sages, c’est d’accompagner ce mouvement infini, pour la grandeur d’une nation et le bonheur d’un peuple. Dans cette région du monde qu’ait l’Afrique centrale et le bassin du Congo, l’alternance politique est devenue une singularité, là où elle devrait être un impérative, une généralité. C’est pourquoi il faut saluer le vent nouveau qui vient de ce lever en Angola où après plus de trois décennies d’exercice du pouvoir, un président en possession de ses facultés physique et mentale, décide sans contrainte de passer le témoin. Décision gageur de grande importance, à travers laquelle, il fait la prévention de l’alternance brutale et violente dans le chao et l’anarchie. Puisse ses homologues tirer les leçons de cette décision historique et salutaire pour la région.

A .BiSSILA

 

 

 

Retour à l'accueil