Ça y ait! La décision est tombée, Madame Marie Giselle AMBIERO, Directrice du CHU de Brazzaville, a été relevé de ses fonctions par sa Ministre de tutelle Madame Jacqueline Lydia Mikolo. C'est le dénouement d'une saga politico-médiatique qui a défrayée la chronique dans les eaux paisibles de la Nouvelle République de la "Rupture". Cette lanceuse d'alerte qui dans une lettre aux vitriols adressée s'il vous plait à son excellence Monsieur le président de la république du Congo Denis Sassou Nguésso dans un journal de la place "Le Troubadour", vient de payer cash son impertinence.

En effet en dénonçant par voie de presse les pratiques mafieuses qui gangrènent le CHU (Centre Hospitalier et Universitaire de Brazzaville) que le Congolais lambda appelle CH qui tue, pour marquer son insatisfaction vis à vis des prestations rendues par cet Établissement de santé publique. Un vestige de la présence Française au Congo Brazzaville, Madame la Directrice du CHU a manqué à son devoir de confidentialité auquel elle est astreinte, et responsabilité. Faisant montre d'une incapacité criarde, compte à ses compétences de manager.Comble de l'impertinence en court-circuitant sa hiérarchie pour employer le jargon militaire dans une pareille circonstance à savoir, le Ministère de la Santé public ( sa tutelle), et au-delà la primature dont est hiérarchiquement subordonnée le ministère de la Santé ,
Bien qu'étant animée de bonnes intentions de salubrité publique. Son attitude n’est pas digne d’un manager responsable et viole les règles de la déontologie due à son autorité de haut fonctionnaire de l’Etat.

En effet manager c'est prendre des décisions pour le fonctionnement de la structure dont, vous avez la charge, quitte à sanctionner les collaborateurs indélicats, les ester en justice quand cela s'avère nécessaire ou carrément les muter, quand il y a des soupçons de malversations sans que vous en ayez les preuves. Car en fin de compte c'est le manager qui est comptable in fine du bilan sociale et économique de l'entreprise dont il a la charge.

 Un manager ça prend des décisions ou sa rend le tablier si ça estime ne pas être dans les conditions optimales de manager.

Un manager ça ne pleurniche pas et ça ne se lance pas dans des missives par voie de presse.

Toutefois Madame AMBIERO en posa l’acte qu’elle a eu à faire, dans un pays « sans foi ni loi, où le culte de la médiocrité a été instauré en vertu et que la loi est bafouée tous les jours. » , peut sortir la tête haute dans cette affaire, car elle a fait montre de courage et d'empathie vis à vis des souffrances des populations ce qui au Congo est une qualité qui tend à se raréfier de la part des agents de l'État. Connaissant la sociologie politique de notre pays nous avons la certitude qu'après une traversée du désert cette Grande dame aura une promotion à un autre poste moins visible certes, à la condition qu’elle soit stoïque et digne et ne cède pas aux sirènes de la tentation d’une victimisation ou une récupération politique de cet événement.

Au-delà de la polémique, cet incident met en lumière la problématique et le rôle des lanceurs d'alertes et la nécessité pour les états de trouver un cadre juridique pour les protéger.

En effet comment protéger une personne qui en violant la clause de confidentialité à laquelle elle est tenue, enfreint la loi et donc est passible de poursuites judiciaires, alors que par son geste cette personne aide les services compétents de l'État et avoir un regard un peu plus attentionné sur d'autres territoires et pans de l'administration où le non droit prospère en toute impunité, ce qui à moyen terme est une menace pour la société?
Des U.S.A à l'Angleterre en passant par la France, l'Allemagne et la Russie, toutes ses grandes démocraties ont réussi a épinglé leurs compatriotes et parfois dirigeants politiques coupables d'évasion fiscale,  de fraude et dissimulation de patrimoine grâce notamment à des lanceurs d'alerte . Paradoxalement chacune de ces nations, autant elles utilisent à souhait les informations venantes des lanceurs d'alerte étrangers, allant jusqu'à les accueillir et les protéger. Mais quand il s'agit de leurs propres compatriotes, ils les traquent et les poursuivent. De Julian Assange, Édouard Snowdon sont aujourd'hui des icônes de cette situation inédite. Sous nos latitudes de façon moins spectaculaire, Giselle Marie Gabrielle AMBIERO serait- elle entrée dans ce hit-parade des lanceurs d'alerte ? Seul l’avenir nous le dira , en attendant « Allons- Seulement ! » 

A.V.B

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